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Deux tonnes d’excitation et une dose d’appréhension

 

Les repères et les certitutes ont été secouées et bousculées,

Sans doute par le fait qu’une nouvelle vie s’est imposée.

Aujourd’hui tout parait possible, plus facile,

J’ai defoncé ma coquille occidentale en ouvrant les yeux,

Les obstacles de la vie européenne ne compteront que peu.

 

L’envie de retrouver cette vie si confortable et apaisante,

En ayant un peu peur de cette abondance insolente.

La peur de ces détails futiles qui peuvent avoir de l’importance,

Mais une joie immense de retrouver ses proches comme une délivrance.

 

Ces 5 mois n’étaient pas un film mais la réalité,

Avoir énormément appris tout en étant déstablisé,

Ce n’est pas un tableau rempli à la craie que l’on efface pour réécrire,

Ce sont des pages indélébiles qui feront partie intégrante du livre.

 

Il y a eu l’Inde oppressante et l’Inde attachante,

Ces rencontres et ces vies parfois magiques, parfois déchirantes,

Dans tous les cas, l’expérience ne laisse aucune chance à l’indifférence.

 

Il faudra un peu de temps pour digérer et assimiler ces nouveaux repères

Car il y a eu l’obscenité de ta richesse exposée à la misère,

Certaines émotions qui resteront en Inde sans pouvoir rentrer,

Le contexte, le bruit, les gens et les odeurs ne veulent pas partager.

 

Accepeter le retour à une nouvelle realité comme avoir accepté de tout lâcher pour venir.

Partir avec la certitude de revenir…

 

Il y aura ces regards durs et profonds inoubliables,

Et cette sorte de résignation qui apparait parfois fatale,

Si l’experience a parfois été difficile elle est formidable.

 

L’objectif n’était pas d’y survivre mais de s’y épanouir : DONE

 

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17 septembre, 2013 à 12 h 46 min | Commentaires (1) | Permalien


Partir pour un jour revenir

 

Après 5 mois en Inde, l’heure du bilan a sonné, le compte à rebours est déclenché:

 

Après 10 millions de moustaches de toutes formes,

Après 10 millions de saris de toutes les couleurs,

Après 10 millions de dieux et de temples,

Après 10 millions d’épices passées dans l’estomac,

Après 10 millions de paradoxes et de contrastes,

Après 10 millions d’éléments nouveaux et étonnants,

 

Après plus de 12 000 km d’avion,

Après plus de 1000 km de rickshaw au milieu d’une circulation inimaginable,

Après plus de 1000 km de taxi jaune et noir dans la polution irrespirable,

Après plus de 300 km de mobylette au milieu des montagnes d’Hampi,

Après plus de 200 km de scooter le long des plages et sous les palmiers de Goa,

Après plus de 80 km de marche dans la chaleur humide et parfois sous la mousson,

Après plus de 15 km de Royal Enfield pour sentir les vibrations du moteur indien,

Après plus de 12 km de bateau surchargé pour atteindre Elephanta Island,

Après plus de 10 km à cheval dans les collines et la jungle de Matheran,

Après plus de 5 km à dos d’éléphant pour rejoindre le fort de Jaipur,

Après plus de 2 km de barque avec motos, chèvres et enfants,

 

Après plus de 1700 photos de Mumbai au Taj Mahal en passant par le Rajastan et Delhi

Il est temps de rentrer ! Un retour au confort et à la séréinité !

 

Pas évident de dire au revoir à une ville qui m’avait presque adopté, et en même temps un tel soulagement et un tel bonheur à l’idée de rentrer. Bombay, une ville qui parfois rend fou, parfois horrible, parfois attachante, mais toujours aussi curieuse. Il a été nécessaire d’oublier quelques repères francais pour s’y épanouir, avec aujourd’hui la certitude d’un jour y revenir… Bombay nous nous reverrons, c’est écris dans le Karma !

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11 septembre, 2013 à 13 h 10 min | Commentaires (1) | Permalien


Rupesh, une histoire vraie ou plutot une vraie histoire

 

Aujourd’hui, Rupesh a dix ans.

Il vit dans un coin de Bombay avec ses deux frères et ses parents.

Son quartier s’appelle Shivaji Nagar,

Il en connait les moindre recoins de chez lui jusqu’à la gare.

Une cahute de sept mètres carrés pour maison,

Une pièce unique sans aération.

Au dessus de la tête, une tôle ondulée,

Pas de fenêtre, seulement une entrée.

La tôle grince quand le train passe,

Son lit, une sorte de paillasse.

Rupesh vit au milieu de ce slum comme 200 000 autres personnes,

Entassés les uns avec les autres sans que personne ne ronchonne.

Tout le monde se partage ce terrain marécageux,

Où la vie d’un homme n’a pas plus de valeur que cet emplcament boueux.

Il y a ces égouts à ciel ouvert,

Et ces rats qui se promènent à découvert.

C’est un endroit normal où les tas de détritus

Représentent le décor de chaque coin de rue,

Où l’intimité est une notion abstraite,

Comme si depuis longtemps la pudeur avait battu en retraite.

Mais Rupesh, comme ses freres, se sent ici chez lui,

Il s’amuse, il rigole, dans son quartier rempli de vies.

 

13 ans plus tard…

 

Aujourd’hui Rupesh a 23 ans,

Il a grandi, il travaille sérieusement.

Rupesh, c’est cet homme à qui l’entreprise donne quelques roupies pour mes trajets,

Je n’aime pas le mot mais c’est mon « chauffeur attitré ».

Ce soir, je ne pouvais plus me contenter du « good evening Sir »,

J’avais envie d’apprendre à le connaitre, briser cette distance sans valeur.

Après avoir refusé trois fois,

Je l’ai convaicu en lui disant qu’il avait 23 ans comme moi.

Nous partons donc boire un verre au bar,

Ne sachant rien l’un de l’autre comme point de départ.

L’atmosphère est un peu étrange,

Mais je commande deux bières sans que ça ne le dérange.

Nous sommes curieux mutuellement,

La discussion s’installe naturellement.

La situation est à peine croyable,

Vivre ce moment etait pour lui, comme pour moi, inimaginable.

Le petit francais trinque et retrinque avec le petit indien,

Echangeant chaque fois un peu plus de nos vie au quotidien.

Nous partageaons la 7ème bière sans modération,

Et il me raconte sa vie, son parcours et ses ambitions.

Il a commencé son récit par « aujourd’hui Rupesh a 10 ans »,

Et j’ai ressenti la nécessité de laisser une trace de cet instant.

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2 août, 2013 à 10 h 10 min | Commentaires (1) | Permalien


La différence fait l’expérience

 

Je n’aurai jamais la prétention de pouvoir expliquer l’Inde et la vie ici,

Seulement quelques anecdotes, quelques aperçus de ce pays…

 

Prendre un billet de train « première classe »,

Signifie un siège rigide, des odeurs, du bruit et peu d’espace.

La différence entre un matelas normal et une planche de bois,

Sans doute l’épaisseur, certainement pas le confort, enfin je crois.

Le chant matinal des rickshaws sert de reveil,

Comme un essain d’abeilles qui passerait à proximité de vos oreilles,

Le ventilateur au plafond joue au métronome,

Et le bruit du film en hindi du voisin est loin d’être monotone.

Vivre a Bombay c’est assumer la pollution sous toutes ses formes,

Les échappements, les odeurs, l’agitation, rien n’est aux normes.

Je pense que 2 rickshaws polluent autant qu’un train de charbon,

Une atmosphère opaque reigne sur la ville sans solution.

On a parfois l’impression que Bombay est dessiné au fusain en noir et blanc,

Seule la couleur des épices vient égayer le trafic abasourdissant.

Il y a ces matins où tu commandes un « strong black coffee with sugar»,

Tu auras donc un double café au lait sans sucre par le plus grand des hasards.

Ton petit déjeuner a parfois un goût amer quand on rote sans gêne et sans retenue,

Un écho planant au dessus de la table, ton regard fixé sur ton assiette et son contenu.

En Inde les poubelles sont rares et quand elles existent elles s’ennuient,

Des milliers de papiers et de déchets au sol se moquent d’elles sans repit.

Aujourd’hui, je n’ais pas demandé de modération au sujet des épices de mon repas,

Ma bouche est une plaie sur laquelle on presse un citron, constat immédiat.

En Inde, on ne lave pas mais on essuie brièvement,

Comme le serveur avec ma fourchette et son pouce évidemment.

Il y a ces mobiles de pompons-clochettes suspendus aux rétroviseurs,

Ces statuettes de Shiva et autres dieux sur le tableau de bord protégeants le chauffeur.

Il y a ces barbes blanches en V qui prolongent le visage,

Parfois elles sont teintes au henné, couleur rouille, un style presque sauvage.

Les noix de cajou sont enveloppées dans du papier journal,

Sans doute parce qu’apres avoir mangé un peu de lecture ne fait pas de mal.

 

Bref, c’est toutes ces anecdotes qui te font prendre conscience,

La différence est immense mais c’est la vie des gens qui fait ton expérience.

 

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19 juillet, 2013 à 11 h 49 min | Commentaires (2) | Permalien


Le voyageur du monde

La découverte comme seule base de travail,

L’ouverture d’esprit au centre de sa bataille,

Il sait que la routine se brise,

Et sa détermination pour le « nouveau » est acquise.

L’envie de partir, l’envie d’ailleurs,

Son désir d’évasion comme accélérateur.

Il apprécie cette incertitude et il oublie ses habitudes.

La veille du départ, une émotion,

Qu’on pourra qualifier de réelle excitation.

Le voyageur du monde est ambitieux,

Comme si sa virée pouvait lui permettre de caresser les cieux.

Il part, il s’envole en se rapprochant des étoiles,

Comme un artiste qui peint sur sa toile,

Il s’évade loin du sol, des paillettes plein les yeux,

Comme celui qui s’efforce de dessiner un décor harmonieux.

Mais le plus important c’est de voir qu’ils sont heureux tous les deux,

De voir leur passion les rendre consciencieux.

Le voyageur du monde aime le bruit des vagues sur les galets,

Mais aussi bien d’autres émotions loin de ce cliché.

Il aime la sensation de sa première gorgée de whisky sur son palais,

Cette amertume et cette douceur si tendres et violentes qui vont l’enivrer.

Une grande légèreté,

Comme un point d’appui à sa liberté.

Assoiffé par la vie, il ne veut pas rester là, il ne veut pas en rester là,

Continuer d’avancer pour aller au-delà et jusque là-bas.

Vivre sans question, vivre au gré des émotions que lui réserve sont évasion.

Aucune frustration pour l’épanouissement de son imagination.

Du nouveau pour rester ivre bien eveillé,

De nouvelles sensations pour rester émerveillé.

Le voyageur du monde dit qu’il part se rencontrer,

Une sorte d’échange entre le monde et sa personnalité.

Mais en réalité il se découvre à travers les autres,

Il multiplie les rencontres si différentes les une des autres.

Il échange, il partage, il grandit,

Il se questionne, prend du recul, il réfléchit

Il profite, et finalement il apprécie sa vie.

Ici, loin de chez lui, ses raisons sont fécondes,

Et il aura une petite pensée pour ses proches restés de l’autre côté du monde.

Le voyageur du monde n’est pas toujours serein,

Inquiet, il doute parfois de ses lendemains.

Quand le mot « retour » arrive, sa stabilité dérive.

Des billes de fer se forment dans son corps,

Il a peur de s’éloigner de ces instants qui valent de l’or.

Ces instants où il se sent respirer,

Ces instants où il se voit grandir,

Des sensations gravées,

Grâce au mot « découvrir ».

Une conviction intime,

Une prise de conscience à travers ces quelques rimes,

Son voyage comme seule passion,

Un lien entre lui et sa raison.

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10 juillet, 2013 à 11 h 48 min | Commentaires (0) | Permalien


“Aphorisme du désir”

 

Traduction littérale du Kama Sutra Indien si célèbre,

Ce titre évoquateur qui ne laisse en réalité rien transparaitre.

 

En effet, ce sésame n’est qu’une suite de croquis,

Evoquant les bons comportements de la vie,

le choix d’une épouse ou encore quelques méthodes occultes de « compromis ».

 

La sexualité indienne est inexistante ou cachée,

Il est impossible de voir deux individus s’embrasser,

Aucun rapprochement public passionné.

 

Les amoureux de Bombay assis l’un à côté de l’autre seront heureux,

ils se frôleront la main du bout des doigts lors d’un moment affectueux.

Dans les films Bolywood, pas de femmes denudées,

Et toutes les scènes équivoques des films Holywood seront floutées.

 

Un decolleté et une mini-jupe un peu trop sexy,

Sont synonmes de regards insistants, aigris et infinis.

 

si cette distance pubic est de rigueur,

un ami indien explique qu’en privé il y a moins de pudeur…

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5 juillet, 2013 à 7 h 32 min | Commentaires (2) | Permalien


L’entrecôte sacrée

 

Après quelques semaines en Inde, l’idée d’une viande rouge saignante me fait saliver,

Une pensée que je garde pour moi sous peine d’être rapidement évité.

 

A Bombay, les bovins sont promenés autour des temples,

Les passants s’en approchent, ne les carressent pas mais les contemplent.

 

Il y a cette vieille dame qui vend quelques brins d’herbe verte,

Les acheteurs auront le privilège de nourrir la bête.

 

En effet, une petite touffe d’herbe avant de partir travailler,

Une sorte de garantie de protection pour toute la journée.

 

Les vaches impliquent ces jeunes veaux remuants,

En plein coeur d’une ville de 20 millions d’habitants.

 

La « Gao Mata » n’est donc pas prête d’arriver dans mon assiette,

Cette « Mère Universelle » continuera de protéger du mal et des tempêtes.

 

Elle continuera à deambuler librement dans les rues,

Embouteillages ou non, le plus important reste sa vertu.

 

La naissance d’un veau est fêtée comme celle d’un enfant,

L’animal est respecté comme une membre de la famille ou presque autant.

 

La vache est un bien précieux,

Un animal malade, un évènement désastreux.

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3 juillet, 2013 à 9 h 03 min | Commentaires (0) | Permalien


De l’intensité dans la diversité

 

 

Mumbai est une ville difficile à comprendre de par ses contradictions,

Ses paradoxes et ses contrastes, tout est en opposition.

 

La population représente une part importante de la vie sur terre,

En partant des gens qui meurent de faim jusqu’aux milliardaires.

 

Tout le monde vit ensemble dans cette ville entourée par la mer,

Les uns dans un appartement luxueux, les autres par terre.

 

Chacun fait sa vie au milieu de celle des autres,

Quelques morceaux de rue à partager, parfois les miens, parfois les votres.

 

Chacun peut constater les déchets apparents,

Les balayeurs qui déplacent la poussière inlassablement.

 

Il y a ceux qui travaillent plus de 14 heures par jour,

Et les autres qui attendent leur tour.

 

Le traffic est à peine imaginable,

Les étrangers se demandent si leur trajet est envisageable.

 

Il y a ces tours et ces grattes-ciel,

Sans doute indispensables à la puissance économique providentielle,

 

Il y a ces quartiers de bidonvilles remplis de vies,

Ces habitations sur des kilomètres infinis.

 

Le plus interessant n’est pas de chosir entre les deux,

C’est ce mélange étonnant qui continue de surprendre les plus curieux.

 

Comment près de 20 millions d’habitants,

peuvent évoluer sans règle précise de fonctionnement.

 

La chaleur et l’humidité pesantes,

Les odeurs de décomposition déplaisantes,

 

Le bruit permanent et parfois un peu musique,

Pour faire vivre un peuple atypique.

 

Bombay, la ville où la modernité tente de percuter les traditions,

Où la richesse est obscène face à cette pauvreté de toutes les situations. 

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20 juin, 2013 à 8 h 47 min | Commentaires (0) | Permalien


Petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

 

 

Et, petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

C’est le bruit dehors, les klaxons et tout ça?

« Non j’sais pas, c’est pas ça »

 

Non c’est à cause d’elle,

Je ne sais pas comment elle s’appelle.

Tu sais, la petite vendeuse de jasmin,

Celle qui te tire par la main.

Tu sais, celle au milieu de la circulation,

Qui s’accroche à ta fenêtre sous le pont.

Son visage arrive au milieu de la portière,

Capable de sensibiliser même les plus fiers.

 

Et, petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

Ton travail te préoccupe, les rendez-vous de ton agenda ?

« Non, j’sais pas, c’est pas ça »

 

Tu sais, celle qui ne te réclame que 2 centimes,

Un brin de jasmin pour un brin d’estime.

Son regard est direct et profond,

Elle le maintiendra dans tes yeux sans abandon,

Deux billes noires, attachées et aggripées à l’espoir,

D’obtenir une pièce ou au moins de l’apercevoir.

 

Et, petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

Peut être qu’un lit plus confortable te conviendra ?

« Non, j’sais pas, c’est pas ça »

 

Tu sais, cette petite vendeuse de jasmin,

Celle qui parfois te chante un petit refrain,

Elle est assez élégante,

avec dans ses cheveux une petite barette brillante.

Elle a aussi les ongles noirs,

son T-shirt est aussi sal que son mouchoir,

celui que sa mere imbibe d’eau pour nettoyer son visage,

ses mains et ses bras pour limiter le carnage.

 

Et petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

Il y a trop d’épices dans tes plats ?

« Non, j’sais pas, c’est pas ça »

 

Elle se contente et survit avec quelques grains de riz,

Elle ne laissera rien dans sa gamelle, elle finit,

Bizzarement ne se plaint pas si elle ne mange pas à midi,

Un repas par jour ça suffit, il ne faut pas trop stimuler son appetit.

Je sais qu’elle dort sur un morceau de carton,

La tête légèrement surélevée grâce à une briquette de béton,

Mais elle s’endormira comme dans du coton,

Ses journées sont epuisantes au milieu de toute cette agitation.

 

Et petit européen, pourquoi tu ne dors pas ?

Ta clim ne fonctionne pas ?

« Non j’sais pas, c’est pas ça »

 

Je pense à la taille de ses bras, les noeuds dans ses cheveux,

Incapable de fermer les yeux.

Tu sais, celle qui a des cuisses aussi larges que tes poignets,

Celle qui a gardé la marque de son bras cassé.

C’est son oncle qui lui avait fracturé,

Et oui, parce que blessée est synonyme d’un peu plus de monnaie.

Elle doit avoir quatre ou cinq ans,

Et cette nuit elle ne quitte pas mas tête un instant.

 

Si tes chaussures te font mal aux pieds, sache que c’est le sol qui ecorche les siens,

Si les épices sont difficiles à digérer, sache que c’est la faim qui étrangle ses intestins. 

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20 juin, 2013 à 8 h 10 min | Commentaires (0) | Permalien


Atterrissage

J’ai survolé un tiers du globe à la découverte d’une nouvelle vie,

Atterrissage, immersion brutale, bienvenu à Mumbai City.

Des kilomètres de bidonvilles éparpillés, des gratte-ciel regroupés,

Une chaleur pesante, des contradictions apparentes.

Le choc culturel est important, découverte d’un nouvel environnement.

Les règles sont différentes, la population est accueillante.

Accueillante mais surprise de voir un européen un peu perdu, juste débarqué.

Tout m’impressionne, chaque tranche de vie présente une autre réalité,

Je suis curieux et les gens me regardent aussi avec curiosité.

Les modes de vie sont étonnants, mais en réalité c’est moi qui suis différent.

Il faut observer, écouter, échanger sans juger,

Il faut s’adapter, analyser, comprendre pour s’insérer.

Il a fallu oublier sa main gauche pendant les repas,

Accepter les épices et apprécier les saveurs des plats,

Faire confiance et manger avec ses doigts.

Je travaille au 10ème étage d’une tour en verre,

Alors que certains enfants mangent dans les poubelles en bord de mer.

Les contrastes sont choquants, parfois nettement déstabilisants.

Chaque coin de rue aborde un nouveau thème,

Les repères ne sont plus les mêmes,

On passe du mendiant squelettique au milliardaire sans éthique,

Du SPA luxueux, à cette famille qui vie sur un bout de trottoir terreux.

J’ai vu cet homme hautain refuser de donner quelques centimes,

La misère n’étant rien à côté de son estime.

J’ai vu des enfants vendre des jouets qu’ils avaient trouvés,

J’ai vu une jeune mère tremblante, laver son fils dans une flaque d’eau stagnante,

Une vieille dame fébrile qui ne tenait même plus sur sa béquille.

J’ai vu ces gens qui n’ont rien mais qui ne se plaignent pas,

Et j’ai rapidement compris que mes problèmes n’en etaient pas.

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18 juin, 2013 à 9 h 33 min | Commentaires (1) | Permalien